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Maison Heinrich Heine
Fondation de l'Allemagne – Maison Heinrich Heine
ciné-club
Deutschland im Herbst (L’Allemagne en automne)
d'Alexander Kluge, Volker Schlöndorff, Rainer Werner Fassbinder, Alf Brustellin, Edgar Reitz et al.

vendredi 15 juin 2018
de 20h00 à 21h30

Allemagne, 1978, 119 mn., vostfr,

avec Wolfgang Bächler, Heinz Bennent et Wolf Biermann

En R.F.A., 1977 aura été l'année de la cristallisation de l'affrontement sanglant entre l'État et la RAF Condamnation à la réclusion à perpétuité d'Andreas Baader, Gudrun Ensslin et Jan-Carl Raspe, enlèvement de Hans-Martin Schleyer, le « patron des patrons », détournement du Boeing 737 Majorque-Francfort vers Mogadiscio. La spirale déjà violente et meurtrière s'accélère entre le 13 et le 19 octobre 1977 avec la mort d'un des pilotes et de trois pirates de l'air, les morts dans leurs cellules de la prison de haute sécurité de Stammheim de Baader, Ensslin et Raspe suivies de peu de la condamnation et de l'exécution par ses ravisseurs de Schleyer. Le film collectif Deutschland im Herbst est un cas à part dans l'histoire conjointe du cinéma et de la politique, le cas presque unique d'un groupe de cinéastes qui décident ensemble de rendre compte en direct et au cinéma - entre documentaire, fiction et film-essai - d'un moment particulièrement troublé de l'histoire de leur pays.

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Cycle : Histoire(s) de 68

1968 : une date qui cristallise les fantasmes. Révolte étudiante, rejet de l’ordre établi et des conventions, libération sexuelle… une année riche en révolutions, dont les échos résonnent encore cinquante ans après. 68 et son héritage ont marqué la conscience collective en Europe et dans le monde, à la manière d’un mythe dont le souvenir a été sans cesse ravivé par le cinéma. Le cycle "Histoire(s) de 68" retrace ce mythe à travers une sélection de treize films allemands et français, des années 70 à aujourd’hui. Ces films narrent des histoires personnelles, ces destins qui se croisent pour former l’Histoire avec un grand « h ». Ils montrent aussi comment 1968 a laissé son empreinte dans l’histoire et l’imaginaire en Allemagne comme en France, mais pas de la même manière. Outre-Rhin, 68 commence en 67 avec des manifestations étudiantes contre la guerre du Vietnam et la visite du shah d’Iran. Pour les Allemands, 68 évoque le conflit des générations, la libération de la parole autour du passé nazi, mais aussi le début des « années de plomb », celles du terrorisme d’extrême gauche de la Fraction armée rouge (RAF). Les films Wer wenn nicht wir, Die bleierne Zeit, Deutschland im Herbst, Die innere Sicherheit et Die Stille nach dem Schuss reflètent ces multiples facettes du mythe allemand de 68.

En France, le mouvement étudiant et la remise en question des conventions morales tiennent la place la plus importante dans l’imaginaire soixante-huitard : c’est « Mai 68 » et les manifestations de la place de la Sorbonne qui ont marqué les esprits, révolutionnant les rapports entre professeurs et élèves, jeunes et vieux, hommes et femmes. Les cinéastes français mettent en scène les événements de 68 mais aussi leurs conséquences à l’échelle de la société dans Milou en Mai, Pays de Cocagne et Après Mai. Le film Nés en 68 pose aussi la question de la transmission des idéaux de 68 à la génération actuelle.

Les événements de 68 s’inscrivent aussi dans un contexte plus largement international. Le documentaire Le fond de l’air est rouge invite au recul par rapport à ces mythes nationaux sur 68 : il synthétise les origines et les conséquences à l’échelle mondiale de ce mouvement contestataire, qui a pris racine dans un mal-être contemporain touchant non seulement les sociétés allemandes et françaises, mais l’humanité toute entière.

participation aux frais - 5 € (plein tarif) / 2,50 € (tarif étudiant)