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Maison Heinrich Heine
Fondation de l'Allemagne – Maison Heinrich Heine
mission de la maison

La Fondation de l'Allemagne - Maison Heinrich Heine a pour mission de servir de lieu de rencontre et de dialogue interculturel aux universitaires, chercheurs, étudiants et artistes de tous les pays. Toute ségrégation, quelle qu'en soit la forme (raciale, religieuse, politique), en est exclue.

Elle permet d'accueillir des étudiants, des chercheurs et des artistes dont le projet d'étude, de recherche et de création précis nécessite un séjour à Paris, ceci plus particulièrement pour ceux séjournant dans le cadre de la coopération universitaire franco-allemande.

La Fondation développe une offre culturelle à dimension franco-allemande s'inscrivant dans le cadre européen et entretient, pour atteindre cet objectif, entre autres une bibliothèque ouverte à tout public germanophone.

histoire

En raison du contexte politique de l'entre-deux-guerres, puis de la Seconde Guerre mondiale, la Maison de l'Allemagne a tardé à voir le jour à la Cité internationale universitaire. Des contacts furent établis dès 1927, mais il fallut attendre les années 1950 pour que le projet se concrétise, grâce à des universitaires qui constituèrent un comité de soutien. L'acte de donation fut signé en 1953. À cette occasion, le président de la République fédérale d'Allemagne, Theodor Heuss, souligna l'idée fondatrice de la Maison des étudiants allemands à la Cité internationale universitaire de Paris qui devait devenir « un pont entre les peuples, un site de cohabitation amicale et d'échanges fructueux ».

Le jury du concours de construction de la maison, lancé par August Rucker, architecte et professeur à l'Université de Munich, choisit à l'unanimité Johannes Krahn, auteur de plusieurs bâtiments officiels tels que l'Ambassade de France à Bad Godesberg (1950-52) et de monuments religieux, comme les églises paroissiales de St-Wendel (Francfort, 1956) et de St-Martin (Idstein, 1965). 

La Maison fut inaugurée en 1956, en présence de René Coty, président de la République française et d’Heinrich von Brentano, ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d'Allemagne. La « Maison de l'Allemagne de l'Ouest » fut la première représentation officielle de l'Allemagne en France.

En 1973, elle est rebaptisée « Maison Heinrich Heine », en hommage au célèbre poète et écrivain allemand, passeur entre la France et l'Allemagne, qui a vécu à Paris de 1831 jusqu'à sa mort en 1856.

En 2010, par décret de la République Française, la Fondation de l’Allemagne – Maison Heinrich Heine est devenue une fondation reconnue d’utilité publique.

l'architecte

Né à Mayence en 1908, Johannes Krahn se consacre dès l'âge de 15 ans à l'architecture en commençant un apprentissage auprès de Dominikus Böhm à Cologne où il découvre les nouvelles tendances architecturales dans le domaine de la construction d'églises. Le futur style de Krahn est influencé par le contact avec de nombreux architectes de l'époque parmi lesquels Rudolf Schwarz exercera une influence primordiale sur lui.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Krahn s'oppose aux principes de construction nazis en ayant recours à des formes rationalistes et épurées. Cependant, il travaille entre 1940 et 1945 à Paris et à Berlin pour Herbert Rimpl, directeur d'un cabinet d'architectes exécutant des projets pour le régime.

Établi ensuite en tant qu'architecte indépendant, Johannes Krahn contribue à reconstruire la Paulskirche pour le centenaire du Parlement de Francfort en 1948 qui devient le symbole architectural de la République fédérale allemande d'après-guerre. 

l'architecture :
une construction en verre, béton et acier

Le style de Krahn se démarque par sa matérialité inspirée par le style du Bauhaus et par Le Corbusier, sa plasticité et son caractère de plus en plus sculptural.

L'architecte mettra en œuvre l'idée d’une architecture en verre, béton et acier pour la construction de la Maison Heinrich Heine. En associant le béton au verre et à la pierre de taille, Johannes Krahn témoigne d’une maîtrise absolue des techniques modernes, particulièrement dans la mise en œuvre de grands pans de verre. L’absence de profilés dans les angles accentue l’impression de légèreté qu’on retrouve également dans d’autres parties du bâtiment telles que les escaliers avec ses marches en forme de trapèze ou les petits balcons en saillie.

Le bâtiment est globalement structuré en trois volumes dissymétriques. Au centre, le bâtiment en élévation comporte quatre étages réservés aux logements des étudiants. Chaque étage regroupe un petit et un grand couloir de 9 et 17 chambres chacun, avec une cuisine et des sanitaires. Les couloirs distincts étaient conçus à l'origine pour "séparer" les jeunes filles des garçons jusqu'aux années 1968. Les étudiants disposent d'un coin lavabo et d'un balcon dans leur chambre d'une douzaine de mètres carrés. Au rez-de-chaussée sont disposés l’administration, le logement de direction ainsi que cinq studios réservés aux professeurs et personnalités invitées dans le cadre de la programmation culturelle.

De part et d’autre de ce bâtiment de logements sont disposés deux volumes identiques à vocation culturelle, l’un abritant une grande salle dédiée aux manifestations et l’autre une bibliothèque.

Ces deux espaces entièrement vitrés encadrent l’entrée principale du bâtiment.

Au niveau inférieur, trois studios de musique, la "salle des fêtes" ainsi que la cafétéria, initialement prévue comme "salle de petits déjeuners" pour les résidents et ouverte aujourd'hui à tout public, prolongent l'idée de transparence.